Quand la lettre se donne à voir : richesse de l’expérimentation typographique dans la création occidentale
Intervenant·e : Françoise SAMMARCELLI

A toutes les époques les hommes ont été sensibles à la qualité visuelle des formes écrites. Des lettrines colorées qui ornaient les manuscrits médiévaux jusqu’aux jeux typographiques autorisés par les technologies contemporaines, la lettre sur la page peut attirer notre attention et faire événement. Le phénomène n’est pas récent et ne se limite pas à la poésie: on connaît les fantaisies du romancier Laurence Sterne dans Tristram Shandy (1759-67) avec ses pages noires, marbrées et ses schémas ironiques, comme, plus près de nous, les audaces de Mark Z. Danielewski dans La Maison des feuilles (2000).
Cette histoire de l’expérimentation est jalonnée de grands noms : ainsi, à la fin du XVIIIème siècle, William Blake, poète et graveur, sape la hiérarchie entre texte et image grâce à ses « impressions enluminées ». La page se fait espace avec Stéphane Mallarmé dans « Un coup de dé jamais n’abolira le hasard » (1897), ou devient tableau avec Guillaume Apollinaire au début du XXème siècle dans les calligrammes, quand la disposition des vers imite la forme évoquée (fontaine, canon, colombe).
Appuyée sur de nombreuses illustrations, la séance proposera un panorama non exhaustif de ce riche domaine et des procédés par lesquels les écrivains spatialisent le texte et font proliférer le sens en exhibant la matérialité de la page. On réfléchira aussi au regain actuel d’intérêt pour ces effets de visualité, hérité des modernistes, et à l’investissement accru des écrivains dans la typographie (polices, tailles, couleurs, marges, etc) et dans l’espace de la page à l’ère du numérique.
Modalité
Présentiel
Informations pratiques
lundi 7 décembre 2026
14:30 – 17:00
Ouverture des inscriptions
lundi 23 novembre 2026
Date limite d'inscription
samedi 5 décembre 2026
Tarifs
Places
Les incriptions ouvriront prochainement
Les inscriptions ouvriront le lundi 23 novembre 2026.